• Jérôme

Le bonheur au travail… et si nous faisions travailler plus nos enfants !

Le mien n'a que 10 ans, mais il est déjà doué au Monopoly lorsqu'il s'agit de stratégie d'achat de terrains et de maisons ! Je trouve sa manière de prendre sa place sur le plateau de jeu très juste et respectueuse des autres joueurs : c'est sûr, il veut gagner beaucoup d'argent, mais il n'humiliera jamais les autres malgré son empire.


Il joue pour le plaisir de jouer avant tout. Pour le plaisir d'être avec les autres joueurs, à rire tendrement quand les cases "Chance" portent en fait malheur ! Et puis, j'aime bien quand il gagne, quand il se sent fier sans trop en faire. Quand il perd, il n'est pas mauvais joueur. Il râle un peu et a besoin d'être consolé ou d'une petite séance de maternage et il est de nouveau d'attaque. Et puis il ne triche jamais… enfin, presque jamais !


Alors du coup, je l'ai embauché pour m'aider à mettre en œuvre la stratégie de développement de ma société. Bien sûr, il ne travaille pas à plein temps, mais chaque fois qu'il est là, parmi les adultes, je me sens moins stressé, plus léger, plus heureux.

Mon enfant est un petit gars joyeux qui aime rire et faire rire ! Lorsqu'il est avec nous au bureau, je prends conscience qu'on ne rit pas assez chaque jour au travail. Je ne connais pas un être humain qui déteste rire. Alors pourquoi ne rit-on plus au travail quand on est grand ? Heureusement, quand il est là, ça ne manque pas : il fait marrer toute l'équipe et ce sont des moments où j'ai l'impression qu'avec mes collaborateurs, nous sommes plus connectés que jamais.


D'autres fois, quand il me sent inquiet pour l'avenir de ma boite, il me propose d'aller jouer, de courir ou d'aller à la piscine et ça me fait un bien fou qu'on se défoule tous les deux.

Il a aussi cette capacité qu'ont les enfants à être dans l'instant, à profiter du moment présent sans penser au futur. D'ailleurs, quand je lui parle de plan de développement à 3 ans, il s'ennuie vite. Lui, il aime l'action. Je le vois épanoui quand il essaie quelque chose, que ça ne marche pas et qu'il faut recommencer. L'autre jour, il me racontait qu'à l'océan il avait fait un barrage en sable pour empêcher la mer de monter. Bêtement, je lui ai lancé : "Et je crains bien que ça n'ait pas marché…" Il m'a répondu : "Non, à la fin, ça n'a pas marché, mais c'était génial quand même ! On s'est trop amusé ! Mais à quoi ça sert d'avoir des craintes ?"

C'est vrai, pourquoi une fois adultes, nous mettons-nous à avoir peur d'apprendre de nos expériences ? Comment se fait-il que nous oubliions de prendre du plaisir à juste essayer ?


L'autre jour, nous étions en réunion avec mes associés pour prendre une décision stratégique et nous avions du mal à nous engager, à faire un choix, par peur de nous tromper. L'enfant d'une de mes associées qui était là aussi ce jour-là nous exprimait être surprise devant tant de frilosité à agir, car pour elle, quand on est grand, on ne devrait plus avoir peur, car il n'y a plus de parents pour nous gronder si on fait des erreurs !


Ah oui, dans mon entreprise, tous les collègues sont encouragés à faire travailler plus leur enfant. Il arrive parfois, quand ils sont tous là, que le bureau ressemble un peu à une cour d'école ! Un coup, ça se chamaille, un coup, ça rigole, mais grâce à tous ces enfants, nous les adultes, on se sent bien, car on se sent plus proches et on partage deux fois plus de vie ensemble !


Seulement au travail, les enfants de mes collègues ne sont pas là tous les jours. Mon enfant peut parfois s'agacer qu'on ne s'occupe pas assez de lui. Alors il se renfrogne, trépigne, ou s'agace pour un rien, pour attirer l'attention, car il ne sait pas toujours bien exprimer ce dont il a besoin. Je vois bien qu'il se sent seul, mais je ne peux pas toujours m'occuper de lui. J'essaie, dans la mesure du possible, de partir plus tôt du bureau et de passer un peu plus de temps avec lui en dehors du travail. Il aime bien notamment quand on va boire l'apéro chez des amis, car il est sûr qu'il retrouvera de nombreux autres enfants !


Certains chefs d'entreprise que je rencontre me font parfois remarquer que c'est peu éthique de faire travailler mon enfant. Je leur réponds souvent avec malice qu'en plus, il n'est pas payé !

Mais au fait, je ne vous ai pas dit quel était l'intitulé de son poste :

"Enfant intérieur, chargé des relations avec l'adulte, sous l'autorité du parent".


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